François Reynaert, la culture G pour tous

Reynaert
Le 6 juillet 2017

Parrain de la Chance aux concours, le journaliste François Reynaert a créé en 2013 les Ateliers de l’Obs. Chaque semaine, il invite les étudiants à la rédaction du journal pour renforcer leur culture générale.

Dans les couloirs de la Cac, on l’appelle Monsieur Culture G. Le type capable de te faire un cours sur les origines du diable, l’euro ou les différents systèmes politiques dans le monde. François Reynaert, de son vrai nom, est journaliste à l’Obs. Depuis 2010, il intervient bénévolement à la Chance aux concours, un « projet civique » qui lui « apporte beaucoup ».

 

Pas tous égaux face à la culture G

Dès son arrivée à la Chance aux concours, François se retrouve à intervenir le samedi sur les tests de culture G des jeunes recrues. Ça me frappait qu’on demande à des jeunes de savoir que la semaine d’avant Monsieur Fillon a eu 12 points de plus que ses adversaires à la primaire de la droite et qu’on ne leur explique pas ce que c’est qu’une primaire. On leur demande d’être hyper pointus mais sans le filet de protection de la culture générale. »

 

Révélateur des disparités sociales dans la sélection pour intégrer les écoles, les épreuves de culture G aux concours freinent la diversité dans les rédactions. Pour ce fils de prof’ devenu journaliste sans passer par la case école, égalité des chances rime avec pédagogie. En 2013, il lance les Ateliers de l’Obs, un cours hebdomadaire de culture G pour les étudiants de la Cac.

 

Reprendre les bases à l’Obs

« A l’époque, c’était Laurent Joffrin le patron de l’Obs. Je suis allé le voir pour lui présenter le projet. Il me dit : ça coûte combien ? Je lui réponds : rien. Il me dit : ok, c’est bon. » Depuis quatre ans, tous les mercredis soir, François reçoit les élèves de la Cac dans les locaux du journal. Pendant 1h30, Monsieur Culture G s’empare d’un terme qui a fait l’actualité pour reprendre les bases.

 

« Ca peut aller de : c’est quoi une constitution à c’est quoi l’euro ? Parce que l’étudiant qui a fait éco, il connait Adam Smith par exemple. Mais celui qui a fait du droit ne le sait pas. Ca dépend d’où l’on vient. » François a même réussi à embarquer ses collègues de l’Obs dans le projet. « En fonction de leur spécialité, je demande aux autres journalistes d’intervenir sur le thème abordé. »

 

Donnant-donnant

Expliquer, clarifier, François « adore » ça. Et ça marche. « Il est passionnant, estime Joanne, étudiante de la promo 2017. Il explique des choses compliquées avec des mots simples. Grâce à lui j’ai pu par exemple comprendre le conflit israélo-palestinien. Alors qu’avant c’était très flou pour moi. » Joanne apprécie particulièrement la proximité des échanges pendant les ateliers : « Il nous parle d’égal à égal. On peut réagir, c’est comme une conversation. A chaque fois que j’en ressors je me sens plus intelligente. »

 

Les ateliers permettent également à François de remettre les pendules à l’heure. « Le fait de devoir expliquer une notion fait que tu dois l’écrire et la formaliser dans ta tête. Moi aussi ça m’apporte beaucoup. » La culture G le passionne. Transmettre l’inspire. « Mes interventions à la Cac m’ont donné l’idée du format pédagogique Uncle Obs pour le journal mais aussi d’un de mes bouquins, Manuel de culture générale du 20ème siècle. » Enrichissante pour le prof’ comme pour ses étudiants, l’initiative devrait durer encore longtemps. « Tant qu’ils en auront besoin », Uncle Obs répondra présent.

 

Louise S. Vignaud, Cac 2013

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